162 hospitalisations (2022)*
En lisant le titre de la nouvelle « 162 hospitalisations mardi au N.-B., mais le sommet n’est pas encore atteint », j’ai tout de suite compris l’épuisement et le découragement de la travailleuse de la santé qu’on nous montre dans la photo qui illustre la nouvelle. Elle regarde par la fenêtre comme pour y voir une issue de secours, une lumière qui se pointerait à l’horizon. Je l’imagine au Centre hospitalier universitaire Dr-Georges-L.-Dumont ou à l’Hôpital de Moncton. Pendant un instant, j’ai partagé avec elle la difficulté actuelle, mais en regardant la légende sous l’image j’ai remarqué que c’était une photographie de l’agence Getty Images.
Ce découragement n’est donc pas le réel découragement éprouvé par les travailleurs de la santé du Nouveau-Brunswick, il s’agit d’un archétype de l’épuisement; une représentation qui est à vendre et qui a été achetée. L’image a peut-être été faite avant la COVID, qui sait, et la personne en uniforme médical n’a possiblement aucun lien avec le domaine de la santé. Son stéthoscope pourrait n’être qu’un accessoire. Nous ne savons rien de cette femme et des conditions qui ont entouré la production de l’image dans laquelle elle figure. On nous la présente comme faisant partie intégrante de l’information, et elle nous parle. C’est une mise en scène pour augmenter ce que nous pourrions ressentir, pour exacerber le lien émotionnel que nous pourrions développer avec la nouvelle. L’empathie que j’avais ressentie pour cette travailleuse n’était qu’une illusion, et ce simulacre ainsi attaché à la crise sanitaire (qui elle est bien réelle) est dommageable pour la nouvelle, je pense.
Radio-Canada
le 1 février 2022
https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1858919/hospitalisations-nb-sommet-pic-morts-fevrier
A Clear Conscience and a Bright Blue Sky (2020)*

The goal of any ad is to make us feel good about a company and its products. This ad from the Melbourne, Australia-based BHP Billiton multinational mining, metals, and petroleum company fits the bill. According to its advertorial message, published in The Economist in October 2020, electric cars will save the world by reducing the amount of carbon dioxide in the air. But this glossy hope does not tell the whole truth. The ad states, “By 2030, there could be 125 million electric cars on the road.” More vehicles on the roads are supposedly the hope for our future, and these are the words of a company responsible for so much destruction.
Still fresh on our environmental awareness radar is the 2015 collapse of a dam at the Samarco-BHP mine. This was Brazil’s most significant ecological disaster; it killed 19 people and spilled roughly 40 million cubic metres of toxic sludge into communities, the Rio Doce river, and the Atlantic Ocean, 650 km away[1].
BHP Billiton is also responsible for the Ok Tedi environmental disaster in Papua New Guinea. Between 1984 and 2013, BHP’s mine discharged about two billion tonnes of untreated mining waste into the Ok Tedi River [2]. This is the same company that has violated scores of indigenous communities’ rights across the Americas.
The trail of environmental, social, and public health disasters linked to BHP[3] is a long one, and yet they want us to think of them as the saviour of the world; they want us to believe that they are the “Big Thinkers” who leave a small carbon footprint. It is hard to take and even harder to understand why such ads could be printed.
One hundred and twenty-five million electric cars will not solve the problems of pollution that arise through their manufacturing process; the extraction of tonnes and tonnes of copper needed to build the hearts and the veins of these cars will not make our planet better. The only ones to profit are the investors and perhaps the marketers selling us on the fallacy that our conscience should be clear.[4]
Une conscience tranquille et un ciel bleu éclatant (2020)*
Le but de toute publicité est de nous faire ressentir du positif envers une entreprise et ses produits. Cette publicité de BHP Billiton, une multinationale minière, métallurgique et pétrolière basée à Melbourne, en Australie, remplit parfaitement ce rôle. Selon son message publicitaire, publié dans The Economist en octobre 2020, les voitures électriques sauveront le monde en réduisant la quantité de dioxyde de carbone dans l’air. Mais cet optimisme sans borne ne dit pas toute la vérité. La publicité affirme : « D’ici 2030, il pourrait y avoir 125 millions de voitures électriques sur les routes. » Voilà un énoncé plutôt fracassant pour une entreprise responsable d’une panoplie de désastres industriels. Si davantage de véhicules sur les routes représentent l’espoir de notre avenir, nous voilà le pied au plancher au milieu du trafic de l’heure de pointe de l’humanité.
Encore bien présent dans notre conscience environnementale est l’effondrement, en 2015, d’un barrage de la mine Samarco-BHP. Il s’agit du plus important désastre écologique qu’ait connu le Brésil : 19 personnes y ont perdu la vie et environ 40 millions de mètres cubes de boues toxiques ont été déversés dans les communautés avoisinantes, dans le fleuve Rio Doce, et jusque dans l’océan Atlantique, à 650 km de là [1].
BHP Billiton est également responsable de la catastrophe environnementale d’Ok Tedi, en Papouasie-Nouvelle-Guinée. Entre 1984 et 2013, la mine de BHP a rejeté environ deux milliards de tonnes de déchets miniers non traités dans la rivière Ok Tedi[2]. C’est la même entreprise qui a bafoué les droits de dizaines de communautés autochtones à travers les Amériques.
La liste des désastres environnementaux, sociaux et sanitaires liés à BHP [3] est longue, et pourtant, cette illustre entreprise veut nous faire croire qu’elle sauvera le monde ; que nous sommes peut-être comme elle, de « grands penseurs » qui laissent une toute petite empreinte carbone derrière nous !
Cent vingt-cinq millions de voitures électriques ne régleront pas les problèmes de pollution qui naissent de leur processus de fabrication ; l’extraction de millions de tonnes de cuivre nécessaires à la fabrication de ces voitures ne rendra pas notre planète plus saine, au contraire. Les seuls à en tirer profit seront les investisseurs et peut-être les spécialistes du marketing qui nous vendent cette illusion d’une conscience tranquille [4].
[1] BHP faces first step in $6.3 billion UK claim over Brazil dam failure
[2] Ok Tedi environmental disaster
[3] Broken Hills: Six cases from BHP’s long trail of disasters (PDF)
[4] According to the Visual Capitalist website, an EV contains about 183 lbs. of copper. 125 millions cars multiplied by 183 lbs. equal twenty three billion pounds of cooper.
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